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Une avancée immense dans le traitement des déchets du bloc opératoire !

Le bloc opératoire du CHRSM - site Meuse, ce sont plus de 16.000 opérations par an. Plus de 80 par jour ouvrable. Pour chaque patient, un nombre parfois important de déchets atterrit dans les poubelles. Sandy Renson, infirmière en chef au bloc opératoire a décidé de faire un pas supplémentaire pour réduire l'impact du bloc op sur l'environnement, et par là même, les coûts de ce traitement des déchets. Une économie annuelle de 30.000 euros par an. Et un premier pas vers un bloc opératoire qui prend davantage soin de notre planète.

A l'hôpital, on ne traite pas les déchets de la même manière qu'à la maison. "Au sein du CHRSM, nous avons bien sûr un tri de base qui peut ressembler à ce qui se fait dans les ménages mais nous avons également un tri lié aux déchets dits "contaminés", qui s'appellent ici les déchets B2 et qui doivent suivre une filière spéciale de sécurité, afin d'être incinérés. On doit y mettre tout ce qui a servi pour soigner un patient qui présente un risque d'infection. Vous les avez sans doute déjà vues à l'hôpital, ces poubelles jaunes, parfois aussi sous forme de contenants rigides où l'on met les aiguilles par exemple. Leur traitement nous coûte beaucoup plus cher que le traitement de déchets classiques: on paie 0.48€ par kilo de B2 contre 0.13€ par kilo de déchets B1. Et tous les autres déchets comme le carton, le PMC etc sont recyclés et ne nous coûtent donc rien. Au bloc, nous nous sommes rendus compte que nous étions trop stricts par rapport à ces déchets B2, et que nous placions trop de déchets dans ces poubelles à grande sécurité alors que la législation nous laissait bien plus de souplesse. Nous avons donc réduit considérablement ce qui devait aller dans ces poubelles jaunes: uniquement les déchets contaminés ou à risque de l'être et tout ce qui est tranchant, coupant. En plus de ça, au bloc opératoire, nous n'avions pas encore de filière de tri pour les déchets cartons, les PMC classiques et les documents confidentiels où figurent des données de patients. Cela peut sembler anodin mais mettre cela en place était un vrai défi : à la fois pour installer des poubelles appropriées dans nos 14 salles d'op,  3 salles de réveil, l'arsenal stérile et la zone de détente, collaborer avec le Département technique pour qu'ils puissent venir relever régulièrement ces déchets et surtout former les collègues pour que de bons réflexes se prennent."

Peser les déchets pour pouvoir comparer les chiffres

  • L’empreinte climatique du secteur de la santé équivaut à 4,4 % des émissions nettes mondiales
  • Les blocs opératoires sont les plus gros pourvoyeurs de déchets dans les hôpitaux (30 %)

Au début de son projet, Sandy a fixé pour objectif de réduire de 75% ces déchets B2 et de réduire de moitié les coûts liés à ces déchets spécifiques. Le but était également d'introduire du tri supplémentaire: les papiers et cartons, les PMC, les PVC médicaux et les documents confidentiels. Pour ce faire, un immense travail préalable a dû être réalisé. Au delà de l'analyse concrète du système en place pour gérer les déchets, il a fallu mesurer ces déchets pour obtenir des indicateurs. "J'ai eu la chance d'avoir le soutien du Département Technique qui est venu peser ces déchets chaque jour pendant un mois avant la mise en place du projet et également après afin de pouvoir mesurer et comparer. Il nous fallait des indicateurs pour mesurer l'impact de ces changements. Cela a représenté un immense travail pour eux et je les remercie vraiment de nous avoir soutenus. "

Une grande campagne de sensibilisation a également été menée. "Nous sommes plus de 200 à travailler au sein du bloc opératoire: 75 membres du Département Infirmier, 107 du Département médical et 20 du Département technique. Il était important que tout le monde comprenne les enjeux de ce projet et y adhère, car il fallait un changement radical dans nos habitudes. Quand on a des réflexes depuis parfois 30 ans, il faut de vraies motivations et du drill pour y arriver." Pour ce faire, un réel plan a été développé. Une fois ces objectifs fixés, les indicateurs ont été affichés et une période d'information, sensibilisation à la gestion écoresponsable des déchets a débuté. De nouvelles affiches ont été apposées pour bien décrire où mettre chaque type de déchet.

30.000 € d'économies par an

L'une des forces de ce projet est l'écoteam du bloc opératoire. "Une équipe existait en amont du projet, déjà désireuse de faire évoluer nos pratiques pour réduire notre impact sur l'environnement. Ca a clairement été un atout pour la réussite de ce projet.Le soutien de la Direction et des autres département a été capital également."

Les résultats sont très positifs ! "Lors de la phase de test, nous sommes passés de plus de 3 tonnes de déchets B2 à moins de 300 kilos, donc 90% de réduction des déchets B2, qui sont passés soit dans le B1, dans les papiers cartons ou autres filières de recyclage. elreprésente 50% d'économie, soit environ 2300 € par mois, soit près de 30.000 euros par an.

A présent, le Bloc opératoire a donc adopté ce meilleur tri des déchets. "On espère ne pas s'arrêter là, sourit Sandy Renson. On souhaiterait que toute l'institution puisse passer le cap avec nous pour un hôpital toujours plus soucieux de son environnement. Mais on est bien conscient que cela demande un investissement important de la part de tous et nous savons combien les équipes ont déjà à faire sur le terrain. Mais je sais que d'autres vont suivre car ça fait beaucoup de sens et c'est vraiment fidèle aux valeurs de notre institution que je remercie encore une fois pour son implication dans ce projet."

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